•Bille en Brousse


3, rue Jean Giraudoux
87800 Saint Maurice les Brousses

Site(s) de production : Saint Maurice les Brousses (87)

Effectif : 2 emplois

Hexaconso aime

Les billes d'antan !

Produits

Quel enfant n'a pas joué aux billes à la récré ? Même à l'ère du jeu vidéo, tous les petits garçons (et les filles aussi) ont joué ou joueront aux billes à un moment ou à un autre de leur enfance.

Aujourd'hui, face aux billes asiatiques sans âme, un passionné a redonné vie aux billes en terre d'autrefois. Des billes chargées d'histoire à offrir aux petits et aux plus grands.

Pour les mamans, Bille en Brousse a même pensé à faire une gamme de billes de décoration, qui aujourd'hui peuvent aussi décorer le jardin.

Historique et savoir-faire

Jadis en pierre, en marbre (en anglais "marbles") ou en terre cuite, le jeu de billes remonte à la nuit des temps. La plus vieille aurait près de 6 000 ans et est exposée au musée d'Oxford.
C'est un des jeux les plus anciens de l'histoire de l'homme.
Au 17ème siècle en Bohème, en Hollande et en Angleterre, on la trouve en porcelaine.
Au 19ème siècle, elle traverse l'Atlantique et on voit apparaître les premières billes en verre. Ce sont de véritables objets d'art. Les verriers et les bimbelotiers Vénitiens créèrent les premières Agates.

En 1871, Alexandre Barral marchand de draps à Cobonne se rendît au bord du Rhin et débaucha les habitants d'un village entier d'Alsaciens qui refusaient le joug Prussien, et acceptèrent de s'installer dans la Drôme.
En 1876, il décidait de créer l'usine à billes et confiait l'affaire à ses deux fils Joseph et Léopold qui s'investirent et mobilisèrent les Alsaciens pour casser les pierres en petits cubes afin de fabriquer les billes et les calots. Une fois acheminées à l'usine, ces quantités de petits blocs étaient placés sur des presses à sillons qui tournaient en sens inverse. Elles tournaient très longtemps pour arriver à une forme parfaitement ronde et calibrée.
C'était la bille entière.
 
L'usine était florissante, elle comptait une vingtaine d'employés et tournait jours et nuits. Plusieurs générations de Barral se succédèrent pour pérenniser cette petite usine unique en son genre. En 1914, la pénurie d'eau contraînt les frères Barral à transférer l'usine à Mirabel et Blacons au bord du canal de la Gervanne. Les eaux du canal faisaient fonctionner les turbines. Dans les années 30, la fabrication des billes en pierre, devenue trop onéreuse, est abandonnée au profit de la bille en terre. En argile aggloméré, elles étaient cuites dans de grands fours chauffés au bois puis au coke. La pénurie d'énergie pendant la seconde guerre mondiale imposa l'arrêt de la cuisson.
Une nouvelle technique de fabrication (reprise et améliorée aujourd'hui) voyait le jour : un noyau d'abord fabriqué en argile était ensuite aggloméré avec de la chaux et du ciment dans de grosses bétonnières appelées "Courges". Il fallait environ 7 heures pour atteindre le diamètre définitif. Après plusieurs semaines de séchage sur des trémies, elles passaient au polissage avant d'être peintes et pour certaines, recevoir une couche de vernis et être de nouveau séchées pour être emballées et expédiées. A l'époque, près d'un million de billes étaient fabriquées chaque semaine.
 
Au milieu des années 80, la concurrence des billes en verre d'Asie ou d'Amérique, beaucoup moins coûteuses, fît nettement ralentir la production et aboutir à la fermeture de l'usine en 1984.
 
L'usine de la famille Barral, qui était devenue un musée, va renaître de ses cendres en 1999 grâce à la passion d'un homme pour cette petite boule de terre, et devient ainsi la dernière fabrique de billes en terre de France, et peut-être même du monde. Après un déménagement à Crest, la production est repartie, avec le même procédé de fabrication que l'usine Barral en 1940.
 
Souhaitons longue vie à ces dernières billes en terre, si rafraîchissantes à une époque où le jeu vidéo est roi !

Réalisation : Agence Multimedia Otidea